Colette Dumais, Naturopathe, N.D., B.Éd.

Alcoolisme      

Évolution des signes et des symptômes

Voici l'évolution des symptômes et des signes qui caractérisent le cheminement d'un  « buveur problème » [i] :

1. conscience des actions lorsqu'on boit, mais oubli dès le lendemain on a tout oublie ;.

2. prise de verres à la cachette ; on trouve les portions de plus en plus petites

et trop de temps se passe entre les consommations ;

3. refus d'admettre que la boisson devient un problème ;

4. justifications pour l'absorption de quelques ou de plusieurs verres ;

5. refus de se rendre à des manifestations sociales où l'on ne sert pas de boissons alcoolisées ; boire de l'alcool devient plus important que l'événement.

6. Le « lendemain de la veille » devient un vrai cauchemar.

Symptômes physiques :

  • fatigue extrême, maux de tête atroces, grandes douleurs musculaires, nausées, vomissements.

Symptômes psychologiques :

  • peur de mourir, sentiments de culpabilité, sentiments de honte.

Seule la consommation d'alcool peut soulager temporairement ces symptômes.

Après 15 ans pour l'homme et 10 ans pour la femme, une soûlerie pourra se terminer par un delirium tremens ou l'hallucination alcoolique aiguë.

7. Les troubles gastro-intestinaux, la perte d'appétit surviennent, l'alcool devient l'aliment principal et des carences nutritionnelles marquées apparaissent.

8. L’insomnie et l’irritabilité sont des caractéristiques du buveur problème.

Contrairement à ce que l'on pense habituellement, l'alcool n'est pas un stimulant mais un calmant, un déprimant du système nerveux central. Il engourdit la douleur, mais ne règle aucun problème. L'alcool réduit de 33 % les facultés visuelles, il diminue la mémoire de 50 % , augmente les erreurs de raisonnement de 67 % et diminue la force musculaire de 10 % [ii].

L'alcoolique tire environ 50 % de ses calories de la consommation de boissons alcoolisées. Ce liquide si rapidement absorbé n'a pas une grande valeur nutritive.

Et la dénutrition

La consommation d'alcool augmente la production urinaire, ce qui accroît la perte de nutriments dans les urines. Elle diminue aussi les vitamines absorbées en sa présence. Le corps doit donc aller puiser dans ses réserves. Cette consommation exagérée, crée de nombreuses carences : vitamine A, vitamine B1 ou thiamine, vitamine B2 ou riboflavine, vitamine B3 ou niacine, vitamine B6 ou pyridoxine, acide folique, vitamine C ; 90 % des alcooliques sont carencés en calcium, en magnésium, en zinc.

La consommation d'alcool augmente avec une nutrition déficiente en certaines vitamines et des changements apportés à la consommation de sucre et de gras [iii].

La consommation d'alcool crée des déficiences minérales notamment en calcium et en magnésium. Cet apport insuffisant de minéraux alcalins contribue à acidifier l'organisme. Le déséquilibre acide-alcalin peut contribuer à cette dépendance et le bien-être ressenti en état de bio-équilibre diminue sûrement la propension à la prise d'alcool.

L'alcool nuit au métabolisme des acides gras essentiels qui se retrouvent dans toutes les cellules. Les acides gras essentiels ont une importance capitale pour la santé du cerveau et du système nerveux central. Cette perte d'éléments nutritifs essentiels a des répercussions autant sur la santé physique qu'émotionnelle. Il s'ensuit des dommages à la glycémie (taux des sucre dans le sang), au foie, à l'estomac, au pancréas, au système nerveux, au cerveau, au  cœur, etc.

Nous avons remarqué une corrélation entre la consommation de café et l'alcoolisme, car les alcooliques sont de grands buveurs de café.

Et le foie

C'est le foie qui a la tâche de neutraliser les effets nocifs de l'alcool. L'alcool pénètre la paroi de l'estomac pour se rendre directement dans le sang.  Normalement le foie effectue cette fonction sans difficulté, mais une consommation exagérée épuise le foie et l'intoxication commence. Les cellules du foie seront touchées. Le tissu se sclérosera (la cirrhose).

Et les allergies

Les alcooliques sont 2 fois plus sensibles aux allergies alimentaires que les personnes abstinentes.

Les alcooliques peuvent souffrir de problèmes métaboliques en produisant trop d'enzymes qui ont la propriété de transformer l'alcool en une autre substance l'aldéhyde acétique. Une trop grande quantité de cette substance dans le sang est responsable d'une oxydation anormale, d'où la présence de radicaux libres qui causent des problèmes organiques.

Et l'hérédité

L'hérédité joue aussi un rôle dans l'alcoolisme, en ce sens que nous héritons d'une tendance due à des carences alimentaires et à des déséquilibres organiques. Le stress et les mauvaises habitudes alimentaires viennent précipiter cette prédisposition.

Et le taux de sucre (hypoglycémie)

Un lien existe entre l'hypoglycémie et l'alcoolisme. Un buveur compulsif devient généralement hypoglycémique, et un hypoglycémique peut devenir alcoolique lorsqu'il découvre que l'alcool lui apporte les mêmes effets que le sucre [iv]. Dans certaines familles, la moitié des membres connaissent une dépendance face au sucre et l'autre moitié a une dépendance à l'alcool [v]. Beaucoup d'alcooliques qui cessent de boire consomment avec excès des friandises sucrées, du café et des cigarettes.

Plusieurs symptômes de l'alcoolisme ressemblent aux symptômes de l'hypoglycémie.

Outils pour s'en sortir

Questionnaire (Êtes-vous vulnérable à l'alcool ?)


[i] ABRAHANSON, E.M et A.W. PEZET. Le corps, l'esprit et le sucre, Montréal, Éditions Laplante & Langevin, 1965, page 148, 216 p 

[ii] Idem.

[iii] GUENTHER, Ruth M. A nutritional guide for the problem drinker, Connecticut, Éditions Keats Publishing, 1983, page 6, 24 p. 

[iv] AIROLA, Paavo. Hypoglycemia a better approach, Arizona, Éditions Health Plus, 1977, page 62, 191 p. 

[v] NULL, Gary, Nutrition and the Mind, New York,  Éditions Four walls eight windows, 1995, page 14, 304 p.

 

 

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